Du Capitalisme à la Civilisation, Reconstruire la perspective socialiste pour le 21 ième siècle

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Par SAMIR AMIN

 

L’attachement de l’auteur à la perspective socialiste, antichambre d’une société sans classes à l’échelle mondiale, paraît propos de nostalgiques d’un passé dont la page aurait été tournée définitivement. Le capitalisme serait le seul horizon possible ; et de surcroît ce système aurait démontré son extrême plasticité, sa capacité de s’adapter aux exigences de justice sociale et de démocratie. Ce progrès exigerait par ailleurs que les peuples renoncent aux illusions de la « nation » qui ont fait leur temps.

 

Pourtant le capitalisme n’est pas sorti tout fait et d’un seul coup du triangle Londres – Amsterdam – Paris aux XVII et XVIIIe siècles. Trois siècles plus tôt il s’était cristallisé dans les villes italiennes dans une première forme qui a sombré, mais sans laquelle sa forme « définitive » (celle que nous connaissons), plus tardive, aurait été impensable. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour ce qui est de la formation du socialisme, encore à venir ?


Le capitalisme réellement existant est historique. Et son histoire est celle de la conquête du monde par les centres où il s’est constitué en Europe, engendrant des enfants à son image aux Etats Unis, au Canada, en Australie, imité par le Japon. Mais là s’est arrêtée la formation des centres du système mondial. Tous les autres pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes ont été soumis à l’expansion conquérante de ces centres. Cette réalité centrale impose qu’on conçoive tout autre forme d’un monde meilleur comme abolissant l’héritage, toujours présent, de cette conquête historique.

 

La voie « occidentale » ne peut être généralisée à l’échelle de la planète. Cette voie, fondée sur la propriété privée du sol agraire, n’a été possible que grâce à l’émigration massive des paysans expropriés vers le nouveau monde. Elle est interdite aux peuples du Sud aujourd’hui. De surcroît le partage inégal de l’accès aux ressources de la planète interdit le « rattrapage par imitation ». Des voies nouvelles sont à inventer tant par les peuples du Sud que par ceux du Nord, non pour des raisons prétendues « culturelles » comme on l’avance trop de nos jours, mais parce que la voie capitaliste a fait son temps, est désormais obsolète.

 

L’auteur intervient dans ces débats concernant d’une part le capitalisme historique – les colonialismes externes et internes, les discours qui accompagnent les révolutions technologiques en cours, le « capitalisme cognitif », la crise de la démocratie représentative, la dérive du projet européen, la nature du capitalisme d’oligopoles en place – et d’autre part les réponses – insuffisantes – que les mouvements sociaux apportent aux défis auxquels ils sont confrontés.

Ouvrage en voie de publication, éditions Syllepse, Paris

Sortie prévue mai 2008

Editions en anglais, espagnol, arabe et chinois en cours

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