Construire l'alternative difficile

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Le Forum Mondial des Alternatives – comme son nom l’indique – entend contribuer à la construction d’alternatives positives au système économique, social, politique et culturel dominant.

 

Cet engagement exige rigueur et sévérité, d’abord envers nous-mêmes, acteurs de ce qu’il est désormais convenu de qualifier de « mouvements sociaux » constitutifs des Forums sociaux (mondial, régionaux et nationaux), ou de la « société civile ». La somme des revendications de toutes les victimes du système dominant, pour légitimes qu’elles soient et dignes d’être soutenues activement, ne constitue pas une « alternative ». Celle-ci, pour être efficace, c'est-à-dire capable de changer effectivement le monde, doit être cohérente à tous ses niveaux, du national au mondial, et dans toutes ses dimensions (principes et stratégies de gestion économique cohérents avec les visions sociales et culturelles de la société à construire), c'est-à-dire politique.

 

Notre engagement a été défini dans les termes de « convergence dans la diversité » (cf. la rubrique de ce site portant ce titre). Cette option n’est certes pas partagée par tous les mouvements constitutifs des forums sociaux. Nombre de ceux-ci ne souhaitent pas sortir du champ des luttes dans lesquelles ils se sont investis et refusent ce qu’ils qualifient de « politisation », néfaste par nature dans leur esprit. Cette option doit certainement être respectée par les forums sociaux. Mais elle fait courir le risque de maintenir le mouvement dans l’émiettement et l’impuissance. D’ailleurs le système en place s’emploie déjà à contenir le mouvement dans ce cadre, l’invitant à se contenter de « donner un visage humain » à la mise en œuvre des principes de gestion de la société conformes aux exigences fondamentales du capitalisme libéral et de la gestion internationale qui l’accompagne, fondée sur le traitement inégal des peuples.

 

· Dans le moment actuel le système dominant se définit à la fois par son option libérale extrême, dite « néo-libérale », et par les formes d’une gestion mondialisée particulière que celle-ci exigerait.

 

L’option « libérale » n’est certes que largement une couverture idéologique, et, dans la pratique, les plus puissants (les Etats de la triade et singulièrement les Etats-Unis, les segments dominants du capital transnationalisé, en particulier financier) s’affranchissent allègrement de ses exigences de principe.

 

De surcroît les formes de la gestion mondialisée qui accompagnent cette option dominante sont acceptées à des degrés divers par les pouvoirs en place qui se sont placés de ce fait dans une situation de dépendance par rapport au projet de la classe dominante des Etats-Unis, défini en termes de « contrôle militaire de la planète » sous divers prétextes comme celui des menaces « terroristes ».

 

Mettre en déroute ce projet de militarisation de la mondialisation et de leadership des Etats Unis conditionne les succès éventuels des luttes pour le progrès social, l’approfondissement de la démocratie et l’affirmation de l’autonomie des peuples dans le cadre d’une mondialisation négociée, par opposition à la mondialisation imposée unilatéralement au nom d’un déterminisme technologiste discutable. Ce projet de la classe dirigeante des Etats-Unis et de leurs alliés doit être mis en déroute dans toutes ses dimensions : prestige « culturel », fondé sur des vertus prétendues scientifiques, en fait contestables ; logiques de la gestion économique ; principes sur lesquels se fonde la légitimité des pouvoirs politiques ; visions géopolitiques qui commandent l’organisation internationale et la pratique diplomatique. (cf. « TWF contribution at WSF – Mumbai 2004 », document reproduit dans ce site).

 

La construction d’une « alter mondialisation » véritable est de ce fait considérablement plus difficile que ne l’imaginent nombre de mouvements de luttes en cours. Elle implique qu’on dépasse l’émiettement et l’absence de cohérence d’ensemble des actions, qu’on passe de comportements « défensifs » à des stratégies offensives, s’assignant des objectifs d’étape communs précis.

 

· La rubrique précédente de ce site (intitulée « Mondialisation des résistances ») propose des analyses des luttes en cours, qui ont fourni la matière de la publication biannuelle du FMA (premier volume paru 2002, second 2004).

 

Cette rubrique propose d’approfondir le débat en l’ouvrant à toutes les questions qui découlent des analyses des défis auxquels les peuples sont confrontés. Qu’il s’agisse d’analyses du fonctionnement réel du système économique (notre ambition étant de contribuer à la formulation d’un paradigme alternatif capable de produire simultanément efficacité et justice sociale), des logiques de la gestion politique mise en œuvre par les pouvoirs en place (notre ambition étant de formuler des alternatives politiques concrètes, d’étapes et dans la perspective du long terme), des géométries de la géopolitique mise en œuvre par les diplomaties (notre ambition étant de proposer d’autres rapprochements géopolitiques capables d’ouvrir des champs nouveaux au progrès social et démocratique des peuples).

Novembre 2004

 

 

 

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