Le Monde Arabe

TPL_IN
TPL_ON
Hits: 1763

Le Monde Arabe : Enjeux sociaux et Perspectives méditerranéennes

Samir Amin et Ali El Kenz

Cet ouvrage a été terminé en mai 2001. Depuis il y a eu le 11 septembre, l’invasion de l’Afghanistan par les USA et maintenant l’occupation de l’Irak par l’Armée américaine secondée par celle de la Grande Bretagne. Demain, il y aura peut-être d’autres interventions militaires suivies d’autres occupations , rien aujourd’hui ne les interdit : l’Union Européenne a montré ses limites, le Monde arabe son inconsistance, les autres grandes régions du globe la fragilité de leur construction . La dérive unipolaire et militarisée de la mondialisation a commencé. Jusqu’alors, la “ World Company ” s’était déployée sous le masque relativement pacifique du commerce et de la “ good governance ”, mais les lenteurs et probablement les résistances politiques et civiles des peuples et des “ forums sociaux “ qui se multipliaient devenaient insupportables ; cela revenait à donner du temps à d’autres concurrents possibles, à la formation d’autres pôles, en Europe, en Asie…Le cap reste le même, mais il faut accélérer l’allure, et pour cela militariser le processus. Nous y sommes.

Le présent ouvrage , dédié à l’analyse des relations euroméditérranéennes, avait pressenti ces lignes possibles d’évolution, mais nous devons reconnaître que la preuve par les faits, a été bien au-delà de nos prévisions. En fait, ces nouvelles formes de l’action internationale des USA, leur incroyable mépris du “ droit international ”, de l’Onu,de ses alliés Occidentaux étaient déjà présentes dans la si courte histoire de ce pays : les Indiens et les Noirs en savent quelque chose, mais aussi ses voisins d’Amérique du Sud, les Vietnamiens et même ses alliés actuels les Japonais et les Allemands. Ce qui a surpris, c’est donc moins ces formes, que la totalité de leur déploiement, rapide et brutal. Ce qui attend l’Union Européenne en formation et les pays Arabes sera bien plus dur que ce nous avions pressenti, la réalité des faits a confirmé l’analyse mais en poussant à leur extrême limite les effets attendus.

Lorsque l’Union Européenne a mis en place le fameux “ processus de Barcelone ”, ce projet consistait en la construction d’un “ partenariat euroméditerranéen ” devant conduire à terme à la mise en place d’une zone de libre échange entre les pays des deux rives de cette mer. L’innovation en la matière était d’inclure les “ sociétés civiles ” dans les négociations et la mise en œuvre des accords économiques, politiques ou culturels ainsi conclus. C’est ce que nous avons appelé “ le consensus de Barcelone ”. Dans un premier temps, il a fallu déconstruire le lourd appareillage procédurier échafaudé pour mener ce projet à son terme, retrouver derrière les professions de bonne foi et les rituels diplomatiques, les finalités réelles du projet .

Privatiser les activités économiques , “ démocratiser ” les régimes politiques , intégrer une partie des classes moyennes dans ce processus de type néo-libéral, permettrait d’amorcer un développement ouvert, franchement capitaliste, de freiner l’émigration de main d’œuvre – notamment clandestine- vers les pays européens et surtout d’intégrer progressivement Israël dans cette nouvelle zones de libre échange. Quelques années après son lancement , le processus de Barcelone s’est enlisé dans l’extrême complexité des faits qu’il avait lui-même tenté de contourner : les investissements extérieurs sont faibles , les régimes politiques arabes, ces “ mamelouks ” des temps modernes renforcent leur autoritarisme, la corruption des classes dirigeantes devient une règle de comportement, Israël abandonne le “ pâle ” pacte d’Oslo pour se lancer dans l’épreuve de force- c’est la deuxième Intifada-, les émigrés clandestins continuent d’affluer sur les côtes européennes, les conflits “ ethniques ” s’approfondissent dans les grandes banlieues des villes d’Europe.

Aujourd’hui, l’Union Européenne, encore hébétée par l’occupation américaine de l’Irak, totalement ignorée par Israël , pourtant son partenaire méditerranéen le plus proche, peut évaluer à l’aune de cet échec, l’inanité d’une politique fondée sur le déni du réel . Son émergence en tant que pôle mondial dépend du développement des pays de la rive sud de la Méditerranée, mais à son tour, ce développement dépend de sa capacité à sortit de Yalta, de l’Otan de cette interminable fin de 20° siècle à laquelle sa mémoire de la II° guerre mondiale et de ses conséquences tient encore enchaînée. C’est de son autonomie vis-à-vis du pôle américain qu’il sera question dans les années à venir .Dans l’échec d’Oslo, l’enlisement lamentable de Barcelone, l’occupation de l’Irak c’est aussi de cette autonomie qu’il s’est agi.

Ce livre peut être commandé chez son éditeur

L’HARMATTAN
5-7 rue de l’école polytechnique
75005 , Paris

This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.

English translation available at :

ZED London
This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.">'+addy_text69993+'<\/a>'; //-->

Joomla templates by a4joomla