Session du Conseil Elargi du Forum Mondial des Alternatives

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Session du Conseil Elargi du Forum Mondial des Alternatives

Organisé en association avec En Defensa de la Humanidad

Caracas 13 -19 octobre 2008

 

L' Assemblée du Conseil élargi du Forum Mondial des Alternatives , organisée en association avec En Defensa de la Humanidad ( Ministère de la Culture de la République bolivarienne du Venezuela) , se tiendra à Caracas du 13 au 19 octobre 2008

 

Le document qui suit concerne le programme de la rencontre et l'organisation des débats.

 

 

Document rédigé par :

Samir Amin, Président, FMA

François Houtart, Secrétaire Exécutif, FMA

Bernard Founou, Secrétariat, FMA

Rémy Herrera, Secrétariat, FMA

 

Mars 2007

 

Créé en 1997, le Forum Mondial des Alternatives (FMA) est un partenaire actif du mouvement dit « altermondialiste » et, à ce titre, entre autre, un partenaire actif des Forums Sociaux Mondiaux, Régionaux et Nationaux. Dans ce cadre le FMA a organisé dans toutes les sessions du FSM, depuis sa première édition (Porto Alegre 2001) jusqu’à sa huitième (Nairobi, Janvier 2007) un nombre important de séminaires, ateliers et conférences.

 

Lors de la session de Bamako du FSM (Janvier 2006) le FMA a pris l’initiative d’organiser une journée et demi de travaux auxquels ont participé environ 200 délégués, représentant un grand nombre de mouvements populaires engagés dans la lutte contre le néo-libéralisme et l’impérialisme, en provenance de nombreux pays répartis sur l’ensemble de la Planète. L’Appel de Bamako a fait son chemin depuis et a été adopté par l’Assemblée des Mouvements réunis à Caracas en Février 2006.

 

Portée et impact politiques de l’action du FMA

 

Il nous paraît utile, pour la formulation de notre requête, qui suivra, de rappeler ici brièvement l’importance de l’impact politique des actions du FMA. Pour le faire nous vous proposerons dans ce qui suit un bref compte rendu des débats que le FMA a animé à Durban (Juillet 2006) puis à Nairobi (Janvier 2007). Ces débats se sont déroulés dans le cadre de vingt et une conférences, séminaires et ateliers organisés par le FMA à l’occasion de ces deux évènements récents majeurs.

 

Les activités organisées par le FMA ont toujours le souci d’associer théorie et pratique, analyses critiques des situations et propositions d’action pour un monde meilleur.

 

Le FMA n’est pas un « réseau de chercheurs » (fussent-ils motivés par des objectifs politiques qui sont les nôtres), encore moins un « réseau académique ». Les centres de réflexion qui constituent notre réseau sont constitués de personnes qui, bien que parfaitement compétentes dans leurs domaines respectifs (et de ce fait capables d’être des « chercheurs » occupant des postes de responsabilité « académique »), sont surtout des militants actifs dans les mouvements et les organisations (y compris parfois des partis politiques) engagés dans la lutte contre le système d’oppression et d’exploitation du capitalisme et de l’impérialisme. Les centres de réflexion de notre réseau sont toujours directement articulés sur ces mouvements et ces organisations, par des liens parfois formels (centre de recherche de syndicats…, d’organisations paysannes, voire de partis politiques), parfois informels mais néanmoins reconnus.

 

Chacun des intervenants majeurs des activités qui sont l’objet de ce rapport porte cette caractéristique. Dans ce sens, on peut espérer que les débats qu’ils animent ont un impact politique réel effectif.

 

Les thèmes sur lesquels ont porté ces débats à Durban et à Nairobi (voir les Annexes I, II et III) témoignent de ce souci d’associer la réflexion à l’action. Ces thèmes qui concernent des aspects majeurs des défis auxquels les peuples sont confrontés dans leurs luttes peuvent être regroupés dans les grandes rubriques suivantes :

 

1. Les problèmes de la reconstruction de l’unité des classes ouvrières. La segmentarisation produite par les politiques du capital dominant (générant des situations différentes pour les segments des classes laborieuses relativement « intégrées et stabilisées », souvent de ce fait syndicalisés, et la masse grandissante des précaires, informels et chômeurs) et l’émiettement des luttes qui en découle, fragilisent l’efficacité des formes d’organisation et de luttes qui avait été réelle dans le passé. Le défi est reconnu, l’invention par la pratique réfléchie de formes nouvelles adaptées au défi a constitué le thème des débats de cinq séminaires et conférences programmés et exécutés en étroite collaboration avec des responsables syndicaux entre autre.

 

Les débats ont permis d’affiner les analyses concernant les situations concrètes fort diverses selon les pays et les régions concernés. Les réponses données à ces défis par les syndicalistes du groupe de travail ont mis l’accent sur les raisons des échecs et des succès des luttes conduites par ces organisations, tant aux plans nationaux qu’à celui des régions pertinentes (l’Union Européenne en l’occurrence). L’exercice incitait les participants à faire part des différents projets d’alternatives dans la formulation des objectifs à court et moyen terme et dans les révisions nécessaires des formes d’organisation et de conduite des luttes pour faire face aux situations nouvelles, tant aux plans nationaux que régionaux. Dans cet esprit la question des délocalisations a été l’objet de débats particuliers. L’objectif final visant la construction d’un internationalisme des peuples face à celui du capital interpellait les programmes des « internationales syndicales » en voie de reconstitution aux échelles européennes et mondiale.

 

Les résultats de ces débats feront l’objet d’une publication en cours.

 

2. Les problèmes concernant les luttes des paysans du monde pour l’accès au sol et aux conditions de son exploitation au bénéfice des paysanneries concernées ont constitué le sujet de débats de quatre séminaires, ateliers et conférences. L’accélération de la destruction des paysanneries par l’expansion de l’exploitation capitaliste en cours est à l’origine des phénomènes de paupérisation massive et de désastres sociaux de toutes natures. Les stratégies de riposte des mouvements paysans et les alternatives proposées, les rapports nécessaires à établir entre ces luttes (qui intéressent la moitié de l’humanité) et celles des classes ouvrières et populaires urbaines, ont fait l’objet de ces débats conduits en étroite coopération avec des responsables paysans.

 

Là encore les débats ont examiné dans un premier temps les conditions concrètes différentes des défis auxquels les paysanneries sont confrontées, du fait de l’histoire (modes de gestion de l’accès au sol privatisés ou communautaires, réformes agraires etc.), des formes spécifiques de leur intégration dans les capitalismes locaux et mondiaux, des degrés divers de différenciation sociale au sein du monde paysan etc. L’examen critique – proposé par des représentants de mouvements paysans organisés ou non – des réponses (ou de leur absence) formulées par ces mouvements a permis également de faire ressortir les grandes lignes d’alternatives possibles et de leurs exigences exprimées en termes de macro politiques nationales, régionales et mondiales. La réunion conjointe des intervenants principaux des deux groupes – ouvrier et paysan – a permis de mettre l’accent sur ces exigences de politiques nationales cohérentes avec les objectifs de constructions d’alliances populaires « ouvrières et paysannes » opérant dans les conditions concrètes spécifiques aux pays considérés.

 

Une attention particulière a été portée sur les actions collectives exigées au plan mondial en réponse aux projets du capitalisme mondialisé formulés dans les volets « agricoles » de la politique imposée par l’OMC, notamment sur les questions concernant les subventions et les conditions de gestion de la « compétition internationale » dans ce domaine.

 

Des publications sont envisagées qui devraient concourir à faciliter des débats ultérieurs sur des programmes de luttes communes associant les travailleurs urbains et les ruraux.

 

3. Les problèmes concernant les luttes pour la démocratisation des sociétés ont fait l’objet des débats conduits dans trois séminaires et conférences.

 

Ces débats concernaient en premier lieu les questions relatives aux concepts de démocratisation, conçue comme un processus global intégrant tous les aspects de la vie sociale – qui se déploient, au delà des terrains spécifiques de la gestion politique des pouvoirs – sur ceux des lieux de travail, au sein de la famille et dans les rapports du citoyen aux services sociaux (éducation, santé, logement, transports, accès à l’eau et à l’électricité). Le concept de démocratisation, conçu comme « sans fin », faisant contraste avec les formules de la « démocratie prêt à porter » (définie par l’idéologie dominante dans les termes restreints du pluripartisme et de la tenue d’élections), permet d’associer – et non de dissocier – la démocratie et le progrès social.

 

Dans ce cadre une attention particulière a été portée aux questions dites de « genre », mettant l’accent sur la dimension centrale des droits des femmes dans l’association de la démocratisation et du progrès social.

 

Les débats interpellaient en particulier les organisations de la société civile engagées dans la lutte pour les droits politiques, économiques, sociaux, du citoyen, pour ceux des droits des femmes, des enfants, des déshérités marginalisés etc. Ils interpellaient également les programmes et les pratiques des partis politiques démocratiques.

 

Dans cet esprit les Chartes de droits généraux et spécifiques déjà adoptées et les projets de Chartes proposées en complément ou alternatives ont fait l’objet d’examens particuliers. Un rapport avec les droits et Chartes proposés dans les débats concernant les luttes ouvrières et paysannes invoquées plus haut a été établi. Des groupes de travail pourront être constitués pour proposer l’établissement (ou la correction) des droits et Chartes adéquates à l’objectif central d’association de la démocratisation au progrès social.

 

En conclusion de ces débats nous dirons que la démocratie n’est pas une formule qu’on peut exporter et/ou importer, mais est toujours le produit des luttes des peuples, associant de ce fait la conquête de droits démocratiques à celles d’avancées sociales. A travers ces combats les peuples inventent des formes institutionnelles qui leur sont propres, non pour des raisons de « spécificité culturelle » (qui permettraient à des « élites » intellectuelles dirigeantes d’en proposer a priori les modèles) mais du fait de l’articulation particulière à chaque conjoncture historique des différents aspects concrets des défis auxquels les peuples sont confrontés. Les débats ont permis de faire mieux connaître les avancées produites dans cette perspective par les luttes victorieuses d’Amérique latine (en particulier au Venezuela).

 

4. Les débats concernant les modes de fonctionnement du système économique du capitalisme mondialisé, et en particulier les critiques adressées dans ce cadre aux grandes institutions chargées de cette gestion (OMC, FMI, Banque mondiale) ont toujours occupé une grande place dans les Forums Sociaux Mondiaux.

 

Le séminaire organisé par le FMA dans ce cadre souhaitait éviter les répétitions et proposer plutôt une synthèse des réflexions éparpillées sur ces sujets. Cette synthèse était commandée par une double préoccupation. D’abord d’inscrire nos propositions alternatives dans la perspective de la construction d’un monde multipolaire, et à partir de là, de mieux définir les contours d’objectifs à court et à moyen termes, appelant à des convergences de stratégies politiques des acteurs concernés.

 

Dans cet esprit l’accent a été mis sur deux ensembles de questionnements et de propositions.

 

Le premier concerne le défi écologique planétaire (réchauffement possible de la Planète, épuisement des ressources renouvelables), lequel est trop souvent « sur ajouté » aux autres dimensions de la gestion économique du système mondialisé sans que les articulations nécessaires remettant en question les inégalités flagrantes et grandissantes entre les peuples (dans l’accès aux ressources et dans la responsabilité écologique planétaire), ne soient suffisamment explicitées. Car le défi en question interpelle les modes de vie, de consommation (et de gaspillage) imposés par l’expansion capitaliste. Connu et reconnu, cet aspect du défi est trop souvent dissocié des revendications de réformes proposées pour les rapports économiques internationaux.

 

Le second concerne les possibilités et les exigences de la reconstruction d’alliances rassemblant les pays du Sud face au défi de l’impérialisme économique de la « triade » (Etats Unis, Europe, Japon). Les débats ont voulu prendre au sérieux les amorces d’alliances qui se sont dessinées, notamment dans l’OMC, entre différents groupes de pays du Sud. Sans souscrire aux illusions, ni sous estimer les limites propres aux gouvernements qui représentent les pays en question, on a voulu examiner de plus près la portée éventuelle du développement de cette contradiction majeure Sud/Nord. On a alors mis l’accent ici sur l’articulation de cette contradiction aux confits d’intérêts sociaux propres aux sociétés du Sud concernées et sur les perspectives que la radicalisation des luttes populaires apporterait alors à celle du combat contre l’impérialisme et l’hégémonisme.

 

5. Les questions concernant la reconstruction d’un système politique mondial multipolaire ont été discutées dans quatre activités du FMA.

 

La dénonciation des violations du droit international par les puissances impérialistes, et singulièrement par les Etats Unis, celle des « guerres préventives » que Washington s’est donné le « droit » de décider unilatéralement, en invoquant le prétexte manipulé de la « guerre contre le terrorisme », en particulier la condamnation de l’occupation de l’Irak, celle des pratiques de colonisation de la Palestine par l’occupant israélien, constituent des volets importants de la protestation d’un grand nombre d’organisations et de mouvements qui se retrouvent dans les Forums Sociaux Mondiaux.

 

Au delà de ces dénonciations les débats organisés par le FMA ont souhaité d’abord préciser les convergences possibles et nécessaires sur la base du principe de respect des souverainetés, sans lequel il serait vain de penser possible un quelconque système mondial multipolaire alternatif à « l’apartheid à l’échelle mondiale » (le programme de l’impérialisme de la triade). L’affirmation de ce principe fondamental exige néanmoins une convergence sur le contenu à donner aux souverainetés en question (des Etats ? des nations et des peuples ?) et son articulation aux questions relatives à la démocratisation des sociétés et à leur accès au progrès social.

 

Ces débats trouvent, en Europe, leurs expressions très particulières du fait de la diversité des points de vue des « altermondialistes » du continent concernant les rapports entre les nations constitutives de l’Union Européenne et la superstructure que représente cette Union. Ce débat, propre aux Européens, ne devrait pas voiler celui qui concerne les exigences de la construction d’un système mondial multipolaire, à condition qu’on comprenne que la multipolarité ne peut être réduite à une nouvelle bipolarité (Etats Unis/Europe) ou à une formule de multipolarité restreinte (aux deux « superpuissances », plus le Japon, la Russie, la Chine et peut être quelques autres) mais doit donner leur place à toutes les nations du monde ; pays « émergents » et autres, grands et petits Etats, économies « riches » ou « pauvres ».

 

Les débats ont mis l’accent sur certains aspects importants du défi :

 

(i) La lutte nécessaire contre l’OTAN (responsabilité particulière pour les Européens) et pour le démantèlement de toutes les bases militaires des Etats Unis hors de leur territoire.

(i)La lutte nécessaire contre les prétentions du G7 / G8 à se substituer à l’ONU pour parler au nom de « la communauté internationale ».

(iii) Pour des avancées dans la voie de la construction d’ensembles régionaux (en particulier en Amérique latine et en Afrique) définis non seulement par des objectifs économiques communs (dits de « développement » dans le meilleur des cas, réduits à n’être que des espaces de « marchés communs » dans les faits lorsque les exigences fondamentales de la mondialisation capitaliste sont intériorisées par les groupements en question), mais également par des objectifs politiques communs, concernant la défense (contre les agresseurs auteurs de « guerres préventives »), et la construction de nouvelles superstructures collectives politiques (comme celle proposée par le projet de l’ALBA promu par le Venezuela).

(iv) La lutte pour la reconstruction d’un front des « peuples du Sud » face au défi inhérent à la dimension impérialiste du système mondialisé. Une relecture de ce que furent « Bandoung » et la Tricontinentale et des exigences de ce point de vue d’une conjoncture globale nouvelle et différente a été au centre de débats importants.

(v) La prolifération « nucléaire » méritait elle même d’être mieux précisée, pour dissiper les ambiguïtés planant sur le terme facilitant les manipulations et masquant l’ambition des Etats Unis de conserver le monopole de la production (et de l’usage éventuel) des armes de destruction massive.

(vi) L’examen de différentes propositions alternatives de réorganisation du système politique mondial – en particulier par la réforme de l’ONU – même si celle-ci concerne plutôt le long terme que le terme immédiat, a été jugé tout également prioritaire, dans la perspective de la consolidation des institutions nécessaires pour le fonctionnement d’un système mondial multipolaire.

 

Dans l’ensemble les thèmes débattus dans les activités réunis sous le titre de cette section donne toute son importance à la dimension géopolitique du défi global. Les luttes politiques et sociales internes, propres aux peuples concernés, ne peuvent en aucune manière ignorer cette dimension. La menace que constitue toujours le projet de Washington de contrôle militaire de la Planète (fut-il habillé d’habits nouveaux par la prochaine possible administration démocratique de Washington), lequel vulnérabilise à l’extrême toute avancée démocratique et sociale qui pourrait être obtenue ici ou là par les luttes populaires, ne saurait jamais être sous estimée.

 

6. Deux activités du FMA ont été consacrées à des débats concernant la pertinence de la pensée de Franz Fanon pour le monde contemporain.

 

Révolutionnaire africain des années 1960 (comme le fut le Che en Amérique latine), Franz Fanon s’était détaché de la vision occidentalo-centrique de la pensée socialiste dominante de l’époque. Mettant en avant les exigences de la considération à donner aux problèmes et aux espoirs des masses populaires du « tiers monde », à ses paysans et à ses exclus urbains, Fanon s’était donné l’objectif de contribuer à la radicalisation des luttes de libération nationale. Faire de la « zone des tempêtes » que constitue le Sud, une zone de participation décisive à la transformation révolutionnaire de l’humanité entière peut aujourd’hui paraître naïf, si l’on fixe le regard sur ce que sont devenus les systèmes politiques et sociaux issus de la victoire des luttes de libération nationale du passé. Le défi reste néanmoins entier encore aujourd’hui : il n’y aura pas de « mondialisation alternative (meilleure) si les peuples du Sud n’y trouvent pas leur place.

 

7. Deux activités ont été consacrées au débat concernant l’avenir des Forums Sociaux Mondiaux, une conférence organisée par le FMA et un séminaire dont l’initiative revient à un groupe de travail constitué au lendemain de la session de Bamako du FSM (Janvier 2006), animant des débats conduits à partir de l’Appel de Bamako. Ce groupe de militants de mouvements engagés dans les luttes sociales a produit un ouvrage, publié à la veille de la session de Nairobi, dressant un état des lieux concernant l’Appel en question. L’ouvrage, intitulé « A political Programme for the WSF ? Debate in the Bamako Appeal », édité par Jai Sen et Patrick Bond, a fait l’objet d’une présentation à Nairobi, invitant à la poursuite de ces débats, dans la perspective de faire avancer des propositions de stratégies communes de luttes.

 

Toutes les activités animées par le FMA s’inscrivent par la définition même du rôle que se donne le FMA dans la perspective de faire avancer l’action. L’objectif étant de faire passer les luttes de la phase défensive de « résistances » aux agressions du projet de mondialisation du capital et de l’impérialisme à celle d’actions offensives capables d’ouvrir la voie à la cristallisation positive d’alternatives.

 

Les participants aux deux débats mentionnés ici étaient donc invités à faire leurs propositions sur la base du critère invoqué au paragraphe précédant, en vue d’avancer dans la construction effective de la « convergence dans la diversité ».

 

Les Forums Sociaux Mondiaux devraient rester ce qu’ils sont : des lieux de rencontre utiles et nécessaires. Mais le format même de leur organisation, leur ouverture à tous – un principe sain et nécessaire pour la survie même de ces Forums, même si cette ouverture entraîne un déséquilibre dans la représentation au bénéfice des ONG riches et au détriment des mouvements populaires pauvres – limitent les possibilités d’y approfondir les débats en vue de l’action. La présence du FMA dans ces forums est certainement visible, et son impact réel. C’est parce que cet impact est loin d’être négligeable qu’il nous est apparu nécessaire et possible de prolonger notre action au sein des FSM par des actions – non opposées mais complémentaires – conduites dans des enceintes plus motivées et mieux organisées en vue de faire avancer des propositions de stratégies d’action de luttes communes.

 

Nos débats ont d’ailleurs trouvé leur écho dans ceux de l’Assemblée des Mouvements, qui constituent l’aile marchande des Forums Sociaux Mondiaux.

 

Ces réflexions de synthèse ont été formulées par François Houtart (Annexe IV) et par Samir Amin (Annexe V) au lendemain de la session de Nairobi du FSM.

La volonté, fortement exprimée par les participants invités par le FMA, de faire progresser les luttes jusqu’à leur permettre d’inverser les rapports de forces au bénéfice des classes populaires (en tirant les leçons positives des progrès réalisés dans ce sens en Amérique latine), constitue l’axe essentiel des propositions de programme du FMA pour la seconde moitié de 2007 et l’année 2008.

 

Le programme cadre dans lequel se situe notre requête

 

Dans cet esprit le Conseil du FMA a imaginé qu’en 2008 il devrait organiser une session élargie permettant de débattre avec toute la franchise et le sérieux nécessaires des handicaps qui font « stagner le mouvement » au stade de la résistance à l’offensive du capital et de l’impérialisme dominants, comme en a témoigné entre autre la session de Nairobi du FSM. On sait que la FSM ne se réunira pour sa huitième session qu’en 2009. La session du conseil élargi du FMA envisagée ne constitue pas un substitut au FSM, mais on peut espérer qu’il remplira des fonctions utiles à la progression du mouvement dit « altermondialiste », et « altersocial », envisagé dans une évolution au delà du capitalisme, jetant quelques bases à la progression du socialisme du XXIe siècle. Le document fourni en Annexe VI (Samir Amin, Le socialisme du XXIe siècle), bien qu’exprimant le point de vue personnel de son auteur, tente d’identifier la nature de ces handicaps.

 

La réunion du Conseil élargi du FMA rassemblera environ 200 personnes.

 

· Celles-ci seront rigoureusement réparties en quatre groupes de cinquante personnes pour chacune des quatre grandes régions suivantes : (i) Europe, Etats Unis et Canada, Japon ; (ii) Amérique latine et Caraïbes ; (iii) Asie ; (iv) Afrique et Monde arabe.

 

· Les personnes choisies doivent être des « responsables clés » associant capacité d’analyse des défis et engagement militant actif dans les luttes en cours et à venir. Au delà des divergences de points de vue, qu’il est souhaitable d’entendre exprimées avec toute la clarté nécessaire, ces responsables se situent tous dans une perspective commune, celle de construire une alternative positive au capitalisme dit libéral et à l’impérialisme.

 

· Nous suggérons que la session soit tenue en Amérique latine, parce que cette région est celle qui offre à l’heure actuelle les exemples majeurs de percées allant dans le sens souhaité pour tous.

 

· La session n’est pas imaginée comme une « grande conférence » (encore moins du type « conférence de prestige »), mais comme une semaine de travail et de débats approfondis.

 

Dans cet esprit nous imaginons que les plénières seraient réduites à trois demi-journées (au départ, à mi chemin, au terme final), séparées par sept demi journées de travail en commissions. Celles-ci pourraient être au nombre de 12 à 15, réunissant donc pour chacune d’elle de 12 à 20 personnes, nombre maximal pour un travail collectif allant au delà de l’échanges de vues.

 

· L’objectif de la « Conférence des 200 » ne se réduit certainement pas à affiner les analyses concernant les questions et les problèmes soulevés ici, ni à l’identification des points de convergence et des aires de divergence (ce qui est néanmoins nécessaire), mais invite à le faire dans la perspective de dégager explicitement des propositions de stratégies d’action commune permettant aux mouvements de passer à l’offensive ; à préciser, dans cet esprit : (i) des objectifs possibles et nécessaires à termes court et moyen, aux échelles nationales, régionales et globale ; (ii) les lignes générales du projet à long terme de socialisme du XXIe siècle.

 

Les thèmes proposés pour le travail de ces commissions s’inspirent de l’Appel de Bamako (sans néanmoins considérer ce document comme « définitif » !). Ils devront être corrigés, complétés, affinés et définis à cette réunion du Conseil restreint. En attendant on en donnera ici une liste provisoire des titres principaux possibles :

 

(i)La géopolitique mondiale et le projet US de contrôle militaire de la planète, handicap majeur à la transformation du système ;

(ii)Les luttes pour la reconstruction de l’unité des classes ouvrières et laborieuses ;

(iii) Les luttes pour les droits d’accès au sol des paysanneries ;

(iv) Associer démocratisation et progrès social ;

(v) Les luttes des femmes, parti intégrante des luttes pour la démocratie et le progrès social ;

(vi) Le défi écologique à l’échelle planétaire, remise en question des modes de vie et de consommation du monde capitaliste ;

(vii) Cultures et interculturel, dépasser les communautarismes, intégrer la diversité dans l’universel ;

(viii) Eléments pour un système économique alternatif.

 

 

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