MESSAGE DE SAMIR AMIN

TPL_IN
TPL_ON
Hits: 3634

 

Oui, le système “néo libéral” mondialisé, en faillite fracassante, est désormais sur la défensive. Il n’a plus aucune légitimité et les peuples en révolte le disent. En Amérique latine, au Népal, aujourd’hui en Egypte et en Tunisie, demain ailleurs dans le Sud, de gigantesques mouvements populaires abattent les régimes à son service. Des régimes autocratiques, souvent d’une violence extrême dans leurs pratiques policières, corrompus jusqu’aux os, et vendus aux intermédiaires locaux qualifiés de « monde des affaires » ! En Europe la crise sociale produite par ce capitalisme s’approfondit de jour en jour. Celle des pays vulnérables de la zone euro remet en question toute la construction de « l’Europe atlantique ».

 

 


 

Mais la bataille n’est pas encore gagnée, nulle part. Le capitalisme des monopoles et ses serviteurs politiques, aux abois, s’organisent en vue de la riposte. Celle-ci envisage froidement d’étouffer le potentiel démocratique et révolutionnaire des avancées populaires par la mobilisation des moyens de pression économiques et financières encore à sa disposition. Elle n’hésitera pas à renouer ses alliances avec des forces obscurantistes qui prétendent « offrir des solutions ». Ces néo fascistes en Europe et aux Etats Unis, dans le monde musulman et partout ailleurs, ne sont pas encore démasqués pour ce qu’ils sont.

Les gigantesques mouvements populaires en action sont encore dans une large mesure sur le terrain du rejet, sans avoir nécessairement encore des projets alternatifs positifs cohérents, à l’échelle des défis. L’immense vague de tentative de « dépolitisation » qui a été mise en œuvre par les médias dominants, l’effondrement de la crédibilité des réponses qui ont occupé le devant de la scène au siècle dernier, l’érosion -et parfois la faillite – de forces politiques qui furent naguère « d’avant garde », exercent encore des effets dévastateurs. Les peuples en marche inventent néanmoins des formes nouvelles de leur « re politisation », mais à des rythmes qui risquent de ne pas être ceux que le défi impose, pour mette en déroute les ripostes du capital des monopoles et des Etats impérialistes.

Nous disons qu’il est nécessaire plus que jamais que l’on comprenne que ce qui est remis en question, ce n’est pas « le capitalisme néo libéral à visage inhumain », mais le capitalisme tout court. Le capitalisme est devenu un système obsolète, qui a fait son temps, et ne peut être autre que ce qu’il est : destructeur de l’être humain, réduit à une marchandise jetable, destructeur des bases naturelles de la reproduction de la vie sur la planète, destructeur de l’autonomie des nations. Ce qui doit être compris, c’est qu’il n’y a pas de sortie acceptable de la crise du capitalisme en cours, permettant une restauration du système dans ce qu’il a d’essentiel., mais qu’il est urgent de développer des visions stratégiques de lutte s’inscrivant dans la perspective de l’invention du socialisme de demain, de développer des propositions d’avancées par étapes dans cette direction.

Il n’y a pas d’alternative autre que le socialisme.

 

 

Dakar 3 février 2011

Joomla templates by a4joomla