Groupe de Travail ‘CHINE’ (G7)

 

Trente ans après la mort de Mao Zedong, une sorte de nostalgie de sa personnalité et des temps où il dominait le pays tout entier est devenue une véritable force sociale et politique. L’essence de ce nouveau maoïsme, apparu dans les années quatre-vingt-dix,  n’est pas de nature idéologique ; c’est d’abord un phénomène de mémoire collective.

 

 

Depuis les années quatre-vingt-dix, avec la politique de réforme et les privatisations accélérées du secteur d’État, les problèmes se sont en effet accumulés : chômage et précarité de l’emploi, corruption, inégalités sociales, disparition de la gratuité de l’enseignement et enchérissement des soins médicaux.  Les ouvriers et les citoyens moyens, ainsi que les paysans, dans des régions durement frappées comme la Mandchourie ou dans d’autres grands centres industriels, expriment ouvertement leur regret des temps maoïstes, marqués par l’emploi garanti, par la sécurité sociale et par l’école gratuite ainsi qu’une moralité des cadres politiques moins contestable qu’à présent. Le pays jouissait d’un prestige international incontestable et le citoyen en ressentait une certaine fierté, bien estompée aujourd’hui.

 

 

Les nouvelles classes dominantes et la fin de la civilisation bourgeoise
La ploutocratie, nouvelle classe dirigeante du capitalisme sénile

Samir AMIN

 

La logique de l’accumulation est celle de la concentration et de la centralisation croissantes du capital. La concurrence, dont l’idéologie du système vante les vertus réelles mais tout également imaginaires, opère toujours ; mais elle n’est plus que la concurrence entre un nombre de plus en plus restreint d’oligopoles. Elle n’est ni la concurrence « parfaite », ni la « transparence » qui n’ont jamais existé et dont le capitalisme réellement existant s’éloigne toujours davantage au fur et à mesure de son développement. Or nous sommes parvenus à un niveau de centralisation des pouvoirs de domination du capital tel que les formes d’existence et d’organisation de la bourgeoisie telles qu’on les a connues jusqu’ici sont abolies.

 

Samir AMIN

Democracy is all at the same time a requirement for itself and a means for popular classes to assert and enforce their claims.

Democracy – taken in its general meaning of recognition of the legitimacy of the different visions between the individual and society, the diversity of interests, as well as the one of the necessary institutions to promote their implementation – is the unavoidable condition for human emancipation. That emancipation cannot be thought of without the one of the mind. Democracy gives to creativity in all areas its full potential.

Samir AMIN

 

1. La constitution du système du capitalisme mondialisé réellement existant – ce qu’on peut appeler également le « capitalisme historique » - couvre les cinq derniers siècles qu’amorce la conquête des Amériques.Cette constitution historique a impliqué pour les « centres en formation » dans ce système (c'est-à-dire l’Europe) des migrations massives d’Européens qui ont conquis et peuplé les Amériques (plus l’Australie, la Nouvelle Zélande et en partie l’Afrique du Sud). Cette migration a porté la population d’origine européenne de 18 % de celle de la Planète en 1500 à 36 % en 1900. Elle s’est déroulé en trois temps : (i) la période mercantiliste – 1500 à 1800 ; (ii) celle des révolutions industrielles en Europe et aux Etats Unis, au cours de laquelle s’accélère la migration en provenance d’Europe (le XIXe siècle et le XXe siècle jusqu’à la seconde guerre mondiale) ; (iii) notre époque, à partir de 1950.

Samir AMIN

(Quelques banalités sans doute)

1. On parle beaucoup de nos jours du pouvoir des médias – la « médiacratie » - devenue (s’il ne l’avait pas toujours été) un quatrième pouvoir politique, s’ajoutant aux trois pouvoirs politiques (législatif, exécutif, judiciaire) classiques par lesquels s’est définie la démocratie (celle qui existe en pratique, la seule jusqu’à ce jour).

Les faits confirment largement cette vision :